Une double page dans le Monde. Une inter­view signée de deux des plus célèbres plumes du jour­nal, Fabrice Lhomme et Gérard Davet. Assez pour convaincre Bernard Tapie d’accep­ter de se livrer au quoti­dien natio­nal. Durant une jour­née entière, le patron de presse, ancien président de club de foot, homme poli­tique, acteur.. s’est entre­tenu avec ses deux inter­lo­cu­teurs. L’occa­sion pour lui de donner son avis sur plusieurs grandes théma­tiques sans pour autant mâcher ses mots. En témoigne l’un des passages de l’article au cours duquel l’homme d’affaire revient sur son acqui­si­tion du jour­nal La Provence et sur sa rela­tion avec les jour­na­listes qui en composent la rédac­tion.

D’emblée, le père de Sophie Tapie annonce la couleur. « Je déteste les jour­na­listes. » Mais atten­tion, le grand patron tient à préci­ser qu’il établit une diffé­rence entre la profes­sion, qu’il « respecte« , et ceux qui l’exercent, qu’il  »n’aime pas ». Plutôt que de se conten­ter de cette charge, Bernard Tapie argu­mente alors son propos en se servant de son expé­rience de patron de presse. « Ils n’ont pas compris quand j’ai dit que La Provence, c’était une des plus belles marques de France, se rappelle-t-il. Tout le monde était ravi, sauf les jour­na­listes : ‘Ah, ben, on nous prend pour quoi, des vendeurs de savon­nettes ?’ Alors que je les ai sauvés, j’ai mis 40 millions pour qu’ils ne perdent pas leur emploi. Mais quels connards! ». S’il estime que son quoti­dien marche désor­mais « super bien« , Bernard Tapie garde tout de même une dent contre une partie de la profes­sion.  »Comment tu veux que je les aime? J’ai envie de leur poser la ques­tion : si vous aviez eu 40 millions, vous êtes sûrs que vous les auriez mis dans l’affaire pour sauver l’emploi ? Ou vous auriez arrêté de bosser pour vous ache­ter une maison de campagne?. »

Quand il n’est pas à La Provence ou qu’un autre projet profes­sion­nel n’acca­pare pas son temps, Bernard Tapie s’ennuie. Il a besoin d’une acti­vité mais surtout pas d’un hobby. « Tout ce qu’on appelle des passe-temps m’emmerde, assure-t-il. Il me faut la dose d’éner­gie exis­ten­tielle, qu’à la fin de chaque jour­née, j’ai eu l’impres­sion d’avoir fait quelque chose. » Du coup, le père de famille a choisi de se lancer un nouveau défi. Après avoir touché à de nombreuses profes­sions, il explique vouloir se lancer dans l’aven­ture d’un one man show dès l’année prochaine. Le spec­tacle a d’ailleurs déjà son titre: J’ai un truc à vous dire et s’il est à la hauteur de son auteur, il risque fort d’être diver­tis­sant. Ce choix appa­raît en tout cas comme une suite logique. Après avoir démon­tré la qualité de son phrasé et de son humour dans les colonnes de jour­naux et sur les plateaux de télé­vi­sion, Bernard Tapie va bien­tôt parta­ger son savoir faire sur scène, avec un public.

Crédits photos : Serge BENHAMOU / Getty

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