Sorti en 1987, The Joshua Tree a défi­ni­ti­ve­ment imposé U2 au sommet du rock mondial. En 11 titres et envi­ron 50 minutes, l’al­bum a dura­ble­ment marqué les esprits et touché au cœur des millions d’hommes et de femmes. Hier, ils n’étaient « que » 80 000 au Stade de France pour assis­ter au premier des deux concerts français de la tour­née mondiale que les quatre Irlan­dais ont orga­ni­sée pour célé­brer le 30e anni­ver­saire de cet opus de légende.

Alors que la pluie était annon­cée, c’est sous le soleil que le public s’est installé tranquille­ment dans l’en­ceinte de Saint-Denis qui ne comp­tait aucun siège vide. Pendant que Noël Galla­gher assu­rait la première partie à coup de Cham­pagne Super­nova, Wonder­wall et certains de ses titres solo, les spec­ta­teurs ont eu la surprise de décou­vrir que Lenny Kravitz et Sean Penn, de passage à Paris, s’étaient dépla­cés pour assis­ter à l’évé­ne­ment.

Puis à 20h50, U2 entre en scène au son de la batte­rie de Sunday Bloody Sunday, un de leurs hymnes. Le public, qui n’at­ten­dait que ça, est chauffé à blanc. A peine le temps de souf­fler que suivent New Year’s Day, Bad et Pride, trois tubes incon­tour­nables sortis avant The Joshua Tree. En à peine quinze minutes, le public chavire de bonheur et de fris­sons.

Mais il n’a pas fini puisque, en même temps que l’écran géant comment à s’al­lu­mer, les premiers accords de Where the streets have no name résonnent dans le Stade de France. C’est parti pour 50 minutes de pur bonheur avec l’in­ter­pré­ta­tion de l’in­té­gra­lité de The Joshua Tree, dans l’ordre des chan­sons de l’al­bum. Les spec­ta­teurs connaissent les paroles par cœur et chantent à l’unis­son avec Bono, pendant que The Edge fait hurler sa guitare à coup de riffs rageurs. On pourra repro­cher à U2 d’in­ter­pré­ter les chan­sons à la note près, sans rallonge ni fiori­ture, telle­ment on aime­rait que le plai­sir dure. Exit est sans doute le sommet du show :après un discours anti-Trump le groupe se lance dans un trip hypno­tique et furieux où les flashs et les images crépitent sous les coups de batte­rie de Larry Mullen Jr et la basse d’Adam Clay­ton. Ultime cadeau : Patti Smith qui monte sur scène pour chan­ter avec Bono un émou­vant Mothers of Disap­pea­red, ultime titre de The Joshua Tree. Le chan­teur la remer­cie à genoux.

En rappel, U2 enchaîne certains de ses plus grands tubes, l’oc­ca­sion pour Bono de déli­vrer ses habi­tuels messages poli­tiques. Miss Sarajevo est un vibrant hommage aux victimes des combats en Syrie et un remer­cie­ment aux ONG qui oeuvrent sur place. Puis se succèdent Beau­ti­ful Day, Eleva­tion et Vertigo, pas les plus vibrantes mais redou­ta­ble­ment effi­caces. L’émo­tion revient pour le final avec Ultra­vio­let et One, de l’al­bum Achtung Baby, l’autre chef-d’œuvre de U2. sur Ultra­vio­let, sont remer­ciées, images à l’appui « toutes les femmes qui se battent pour leurs droits » mais aussi celles qui ont fait avan­cer les menta­li­tés: Marie Curie, Malala, les Pussy Riots, Hillary Clin­ton, Emma Watson, Chris­tine Lagarde, Marjane Satrapi, ou encore Simone Veil décé­dée récem­ment. Le groupe prend congé sur une ultime et inédite chan­son, The little things that give you away, qui devrait figu­rer sur le prochain album. Les Irlan­dais ont déci­dé­ment eu une magni­fique idée en fêtant les 30 ans de The Joshua Tree dans le partage et la commu­nion avec le public. Est-ce que quelqu’un pour­rait leur glis­ser à l’oreille que le 30e anni­ver­saire d’Achtung Baby c’est dans quatre ans ?

Paris

Une publi­ca­tion parta­gée par Lenny Kravitz (@len­ny­kra­vitz) le

Crédits photos : LIONEL URMAN/SIPA

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