Akim Omiri : la révélation du stand-up

Akim Omiri s’est vraiment fait connaître sur YouTube. Sa dernière vidéo, «Le dernier buzz», a été visionnée plus d’un million de fois en 24 heures. Mais c’est sur scène avec son premier one-man-show que le jeune homme tente de percer aujourd’hui. En avril prochain, il sera sur les planches du Palais des Glaces pour défendre un spectacle exigeant. Un spectacle où le rire est franc et où l’émotion n’est jamais très loin. Rencontre avec Akim Omiri, la révélation stand-up.

Paris Match. De YouTube à la scène, quel a été le déclic ?
Akim Omiri. Ce n’est pas tout à fait l’histoire. Quand je suis arrivé à Paris en 2007, j’ai commencé par la scène. Pas sur YouTube. Je me suis dit rapidement qu’il me fallait le moyen le plus simple de m’exprimer. Je n’avais pas d’équipe, pas de moyen. Je ne connaissais personne ! Je me suis servi des scènes ouvertes pour tester mon humour. C’est alors que j’ai rencontré Norman et Hugo Tout Seul. Ce sont eux qui m’ont initié à YouTube. J’ai écrit 14 vidéos avec Norman, et une, seul. Puis je me suis lancé !

Est-ce que c’est le succès de Norman et de son one-man-show qui vous a donné l’envie de vous relancer à corps perdu sur scène ?
De le voir sur scène, ça m’a surtout montré que je pouvais aussi réussir sans passer par la télé ! On s’est dit pendant longtemps qu’avoir un bon spectacle ça ne suffisait pas. Il fallait que les gens nous connaissent, il fallait que les gens nous voient à la télé. L’exemple parfait, c’était Kev Adams qui a réussi à remplir ses salles grâce à la série «Soda». Mais Norman a fonctionné sans tout ça ! Alors je me suis lancé.

« J’ai eu un cancer à 14 ans »

Est-ce que c’était une évidence de parler de votre vie ?
Plus je me suis intéressé au stand up, plus j’ai remarqué qu’il fallait oser se dévoiler. Je voulais sortir du lot ! Parler de la maladie, du racisme, du féminisme : tous les combats humains me semblent importants. Je voulais éviter le rire facile et les thèmes simples. Et je ne voulais rien inventer surtout ! Me raconter avec mes forces et mes faiblesses.

Vous parlez de la maladie dans votre spectacle sans être forcément drôle. C’était le moyen d’exorciser votre passé ?
Je voulais faire rire avec des choses pas drôles à vivre. Quand je commence par : « J’ai eu un cancer à 14 ans », le plus dur est de ne pas plomber l’ambiance. Il ne fallait pas que les gens se crispent ! Maintenant, j’arrive à en parler tous les soirs sur scène et à faire rire de mon passé. C’est même le moment le plus fort du spectacle. Mais par contre, ce n’était pas un besoin d’en parler, cela fait bien longtemps que j’ai digéré cette histoire. J’avais seulement envie de dédramatiser le drame dans la vie des gens.

Vos parents sont-ils venus voir le spectacle ?
La première fois que ma mère est venue, elle a d’abord été surprise que j’aborde ma maladie. Et forcément, elle a beaucoup ri mais elle a aussi beaucoup pleuré. Se souvenir de ce moment douloureux n’est jamais facile pour une mère. Mais après le spectacle, cela nous a permis d’en parler. Elle m’a raconté des anecdotes dont je ne me souvenais plus du tout et a ainsi nourri mon one-man-show. Je parle maintenant de mon voisin de chambre qui était insupportable. Il restait pendant mes soins alors que mes parents devaient sortir de la chambre. Tout ça, je l’avais oublié !

« Il faut que chaque rire est un sens »

Est-ce que vous vous considérez comme un artiste engagé ?
Totalement. Je ne veux pas susciter n’importe quel rire dans mon spectacle. Il faut que chaque rire ait un sens, que ce soit l’autodérision, l’absurdité ou la réflexion. Je refuse le rire raciste, le rire facile ou tout simplement le rire moqueur. Et j’aime aussi poser des questions à la fin de mon spectacle pour savoir comment le public a ressenti certains passages.

Votre one-man-show n’a toujours pas de titre. Pourquoi ?
Au tout début, j’avais mis « Super gentil », mais ça ne collait pas. Il ne reflétait pas du tout mon spectacle. Aujourd’hui, je cherche encore même si je pense être sur la bonne voie. L’urgence était surtout l’affiche, pour le titre je ne me presse pas car je ne veux pas me tromper.

N°1 des tendances sur YouTube avec sa dernière vidéo

Vous ne mettez pas de côté YouTube pour autant. Votre nouvelle vidéo «Le dernier buzz» avec Squeezie et Mister V a fait 1 million de vues en une seule journée…
Je ne pouvais pas imaginer un seul instant faire autant de vues en si peu de temps. Plus je montais la vidéo, plus je me disais qu’elle était 1), trop longue et 2) pas drôle! Alors avant de la partager, je me demandais vraiment comment les gens allaient la recevoir. J’étais satisfait du montage, j’étais heureux de ce que j’avais créé, mais est-ce que ça allait parler aux gens qui sont sur YouTube ? Au final, j’ai été n°1 des tendances !

En avril prochain, vous serez dans la grande salle du Palais des Glaces à Paris. Un challenge supplémentaire ?
Complètement. Je n’ai jamais rempli une salle aussi grande. Est-ce que j’en suis capable ? Qu’est-ce que je vais faire à la rentrée ? Mais dans la vie, il faut se lancer des défis. Et y croire surtout !

Le rêve absolu ça serait quoi ?
On va mettre ça au pluriel ! (Rires) Je souhaite que mon spectacle soit à la hauteur de mes désirs. Je veux le faire évoluer encore, le faire monter d’un niveau avec des sujets encore plus maîtrisés et qui colleront à notre époque. Je veux aussi avoir les moyens de produire les vidéos que j’ai en tête. Là par exemple j’ai une série écrite de 10 fois 10 minutes, un mélange entre «Friends» et «Entourage», que je rêverais de pouvoir réaliser pour YouTube. Bref, l’histoire ne fait que commencer.

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