Anne Parillaud: « J’ai vécu avec des hommes à l’ego déréglé »

Paris Match

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Interview Caroline Rochmann

« Comme Mrs Robinson, je suis une rebelle : je veux faire ce que je sens et non ce qu’on attend de moi. » François Roelants

Pour sa rentrée au théâtre, Anne Parillaud est Mrs Robinson, une femme mûre amoureuse d’un étudiant.

Paris Match. Pour votre premier vrai rôle au théâtre, vous incarnez Mrs Robinson, une femme qui s’éprend d’un tout jeune homme…
Anne Parillaud. Transgresser les codes lui permet de se sentir vivante dans l’univers étriqué de l’Amérique des années 1960. Elle est à la fois prédatrice, provocante et alcoolique. Quant au “lauréat” qui donne son titre à la pièce, il réalise que son avenir tout tracé est sans intérêt. Ce sont deux âmes désemparées qui se rencontrent sur le terrain de la désillusion et vont se sentir vivantes à travers cette histoire d’amour.

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Anne, un certain paradoxe émane de vous. Un décalage profond entre la femme très discrète que vous semblez être et vos histoires d’amour, retentissantes…
Parce que les hommes avec qui je les ai vécues m’ont entraînée malgré moi dans leur besoin d’exposer leur vie. Moi, j’ai besoin de m’exposer dans la création, d’exister à travers des personnages aux âmes obscures, abîmées, perdues. Etant de nature excessive, et construite sur un certain déséquilibre, j’ai une facilité à comprendre les gens qui souffrent, les êtres déviés. Ce qui m’importe, c’est le malheur qui habite les cœurs humains, pas le bonheur. (…)

A 20 ans, vous vivez une longue histoire d’amour avec Alain Delon. Le regard de cet homme adulé, posé sur la jeune fille que vous êtes, ne vous aide-t-il pas à prendre confiance ?
Alain Delon représentait pour moi une figure paternelle. Il avait le double de mon âge et m’avait prise sous son aile. Il m’a fait jouer dans “Pour la peau d’un flic” et “Le battant”, ses premiers films en tant que réalisateur. Son regard sur moi avait une immense valeur. Avoir un pygmalion, c’est se mettre entre les mains du façonneur, éprouver le besoin d’être fabriquée par lui et lui faire confiance. Il avait rencontré une jeune fille et souhaitait, en me confiant des rôles plus âgés, que je devienne une femme pour lui et pour le cinéma. Mais il a voulu me faire grandir un peu trop vite. Incarner juste le faire-valoir du personnage masculin ne me nourrissait pas. Il a éveillé en moi le désir de personnages plus abîmés. Alain m’a montré tout ce dont j’étais capable et m’a préparée à Besson…

Retrouvez la suite de cette interview dans Paris Match dans tous les kiosques le jeudi 15 février 

 Maquillage : Isabelle Pain/Rouge Baiser. Coiffure Justine/Mod’s Hair. Stylisme : Charlotte Renard ; Muji, Maison Lejaby, Pascale Monvoisin, American Vintage

Toute reproduction interdite

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